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Une valse à mille temps

Le temps est un des plus précieux trésors que nous possédons. Ceci dit, l’utiliser à bon escient en étant jeune est un défi continuel. Déchiré entre ce que nous voulons maintenant et ce qui nous sera bénéfique à long terme, il nous faut bien à un moment donné trancher, faire des choix, car le temps n’attend personne. Donc, graduellement, les choix prennent forment et nous établissons une liste de nos priorités, de nos envies. Ces choix se traduisent aussi souvent par le rejet de tout le reste avec un, « désolé je n’ai pas le temps pour ça ».

Articuler vie professionnelle et vie personnelle, parait-il, est synonyme de parcours du combattant pour beaucoup d’entre nous. N’avons-nous vraiment pas le temps ?

Je ne suis pas vraiment de cet avis. Occupant actuellement deux emplois, un à plein temps et l’autre à temps partiel, j’arrive à me retrouver dans ce que je fais tout en donnant quelques heures de mon temps chaque semaine comme volontaire. Tout est selon moi, une question d’organisation, de volonté et de passion.

Occuper deux postes différents à la base n’était pas le plan initial. Diplômée en anglais, trouver un emploi après l’université fut une galère dont je n’étais pas exemptée. Les postes étaient soit sous-payés ou alors frôlaient l’esclavage. Puis, j’ai réussi à trouver deux emplois corrects, pensant en faire un seul après un certain temps, mais trois années plus tard, je ne peux ni ne veut arrêter ni l’un ni l’autre. J’ai eu de l’expérience dans l’enseignement précédemment et j’ai voulu essayer à nouveau. Je ne regrette rien. J’aime être enseignante avec tous les avantages et les inconvénients que le poste comporte.

Vouloir tout faire et réussir à faire tout ce qu’on veut n’est pas si facile que ça. J’ai une organisation très méticuleuse qui fonctionne comme du papier à musique pour maximiser mon temps. Il y a un temps pour tout, des délais, beaucoup de listes de choses à faire et une certaine polyvalence. Pour réussir, il faut bien sûr avoir une certaine rigueur et être très sérieux et responsable. Cela signifie aussi faire des sacrifices et avoir un sens aigu des priorités.

D’ailleurs, j’ai toujours valorisé le fait d’aider les autres. La nature de mon travail fait que je suis en contact constant avec des jeunes issues de toutes les religions et couches sociales. La vie étant ce qu’elle est, nous faisons tous a un moment ou un autre, face à des problèmes et souvent en ne trouvant pas de solution, nous baissons les bras, nous ne faisons plus d’efforts. Pourtant, et je parle d’expérience, il suffit d’une conversation et d’un suivi régulier pour voir un réel changement. Le négatif n’est pas un état constant. Il suffit d’encadrer la personne, l’aider à basculer de l’autre côté, cheminer un peu ensemble, lui dire que tout ira bien. Et effectivement, les choses s’améliorent et vont bien par la suite.

Je ne suis malheureusement pas une personne disponible à tout moment, mais je suis une personne sur laquelle on peut compter. Je veux aider. Je veux contribuer à une meilleure Ile Maurice, un monde meilleur. C’est simpliste et utopique comme vœux, mais il est tellement sincère. C’est réellement mon désir.

Nous pouvons tous être utiles d’une certaine manière aux autres si nous faisons l’effort de chercher. Nous pouvons tout aussi bien nous aider à atteindre nos buts dans la vie. Il faut se bouger. Derrière chaque plainte, il y a un refus de faire plus d’effort. Râler des fois semble plus facile. À croire que c’est la solution magique quand rien ne va. Et pourtant, cette vraie solution magique demeure le travail. Je conçois qu’il n’y a pas meilleur sentiment que celui d’être indépendant. Rien n’est impossible dans ce monde, ou même ici, à Maurice, dans notre ile de mille neuf cents kilomètres carrés, quand vous vous en donnez les moyens. C’est certes dur. Mais le jeu en vaut la chandelle.

Aujourd’hui encore, je suis toujours animée par cette envie de réussir dans ce que j’entreprends. Le temps et je constate aussi que je me fais vieille. Mon corps n’est plus aussi résistant qu’avant et je commence à vouloir plus de temps à moi. Le temps passe et les choses changent. À l’université, ma plus grosse difficulté était d’ordre financier. Ma famille n’est pas riche et mes parents se sont endettés pour que j’aie une bonne éducation. Nous sommes désormais sans soucis de ce genre, mais cela reste un souvenir mémorable. Néanmoins, cette situation fut un des piliers motivateurs qui me fais me lever chaque jour et d’entamer une nouvelle journée.

Etre indépendante est extrêmement important pour moi. Le devenir reste accessible à tous. Demeurer indépendant est un peu plus complexe par contre, il faut s’en donner les moyens.

Laura Galore par Youth SCEAL

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