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Vivre tant qu’il est encore temps

Il y a un an, je me suis envolée pour les Pays Bas. Sachant que cette aventure ne pouvait durée qu’un an de par la nature de mon contrat, je maximise cette chance qui m’est offerte de grandir tant au niveau professionnel que personnel. Ceci allait être une unique opportunité pour rencontrer des gens et surtout d’explorer l’Europe.

Pendant cette année, j’ai fait de belles rencontres, de gens généreux qui m’intègrent dans leurs groupes et m’invitent dans leurs univers. Je découvre aussi de nouvelles cultures et traverse les frontières autant au sens propre qu’au sens figuré. Je garde l’esprit ouvert et cela me mène à discuter avec des réfugiés, de participer à un tournage de clip pour une chanson, de raconter aux Hollandais l’histoire de mon pays, d’expliquer pourquoi je ne suis pas Chinoise et que je ne viens ni de la Mauritanie ni de la Malaisie, de parler philosophie avec un Hongrois, d’apprendre énormément sur la culture Africaine, de mettre pour Paris dans le but unique de rencontrer de nouvelles personnes, de Couchsurfer à Berlin, de rater mon bus pour Prague tout en maximisant mon séjour en Europe pour découvrir le plus de choses possibles. Je me fixe d’ailleurs aussi entre autres de visiter cet endroit en Italie que j’ai découvert en fond d’écran. Je suis rentré au pays le 2 Sept 2016 après avoir vécu une année bien remplie, d’émotions et de souvenirs.

De retour, je rencontre la famille, les amis et anciens collègues. Bien sûr, heureuse de revoir des visages familiers et de raconter tout ce que j’ai fait. Mais ce qui m’interpelle le plus sont les exclamations : « Cela fait déjà un an !? » ou « Couma dir hier tone aller! ». Je réalise que les gens font toujours les mêmes choses, sont un peu toujours les mêmes. Cela me rappelle le conseil d’une amie Hollandaise qui aurait vécu une expérience similaire à la mienne et qui m’aurait averti : « Quand tu rentreras tu auras vécu tellement de chose alors que les choses n’ont pas forcément beaucoup avancé pour ceux que tu retrouveras. Ne t’inquiète pas, c’est comme ça, il n’y aura pas de grand changement. »

Je réalise que si la durée de mon séjour aux Pays Bas était indéterminée, je ne me serais jamais poussé à aller à la rencontre des gens et de faire tout ce que je souhaitais accomplir là-bas. Le temps passe, et quand nous somme pris dans une routine en pensant que demain sera là, nous repoussons et finalement nous retrouvons à ne rien faire. Mais sommes-nous vraiment sûr que demain sera là ?

Cet ami avec qui vous vouliez reprendre contact ? Quand le ferez-vous ? Ce voyage que vous voulez faire ? Quand commencerez-vous à économiser ? Et ce nouveau boulot que vous voulez ? Avez-vous déjà envoyé votre CV ? Ces nouveaux amis que vous vouliez vous faire ? Quand ferez-vous le premier pas ? Et cette vie dont vous rêviez ? Quand vous donnerez vous les moyens de la vivre ?

Si ce n’est pas maintenant ? Quand ? Rappelez-vous, Memento mori (une locution latine qui signifie, « souviens-toi que tu vas mourir »).

Kellie Koo Yun Fong (au centre) pour Youth SCEAL

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